vendredi 8 mai 2020

Paris sexy, des promenades dans les nuits parisiennes...

Pendant toutes ces années, certaines de nos soirées étaient parfois surprenantes, comme celle-ci dont j'ai retrouvé les notes préparatoires à la rédaction d'une notice du guide.
C'est daté de la fin de l'année 2000.
"Soirée au Quai 17, boite échangiste…. Il faut y arriver, nous rodons dans des rues glauques autour du bassin de la Villette avant de trouver une place un peu avant la boite. Entrée pimpante. Le patron – vu en photo dans le magazine La Nuit à Paris - nous accueille en nous disant que « Martine nous expliquera ». La boite ressemble à une boite, nous en faisons un premier petit tour. La piste de danse est petite mais démultipliée par des grands miroirs. Autour des tables, des banquettes, une boule au plafond, musique disco banale. Mais autour les installations ressemblent à ce que j’en avais vu jusqu’ici dans les journaux. Il y a des grilles, une cage, une salle de cinéma qui diffuse un porno espagnol. Martine nous fait visiter les lieux, nous découvrons alors de nouveaux petits salons. Elle commente « la pièce sombre », les trous, « vous voyez ». C’est une quinqua gaillarde, à cheveux courts, vêtue d’une sorte de nuisette. Nous sirotons notre champagne, nous dansons, en attendant que ç’a commence. La piste est occupée par quelques jeunes femmes – plus ou moins jeunes d’ailleurs – totalement exhibitionnistes. La plus jolie, mince et brune, vêtue d’un string et d’un body en dentelle transparent, la plus exhib, une fille vêtue d’une robe courte, ne dansant que devant la glace en la remontant sur sa culotte, une sorte de brune, jupe plus haut que le frifou, mais du ventre et des seins elle s’agite du bassin, danse au plus près d’hommes émoustillés, d’autres blondes s’agitent, une en pantalon marron clair qu’elle baisse de temps en temps. Toutes les filles les plus « chaudes » en apparence sont la plupart du temps légèrement vulgaires, mais pas trop. Le reste de la population de la boite est plus divers. Nous sommes plutôt parmi les mieux ! Beaucoup de couples anales, dont les filles ou les femmes oscillent entre deux attitudes, la consternation d’être là et une excitation souvent supérieure à celle de leur copain. Une blonde banale, body blanc, passera, entre autres, la soirée à masser la bite de son copain en vain. Des gens sont ici en petite bande. Le premier spectacle chaud auquel nous assistons est une fellation magistrale offerte par une petite blonde mince à genoux sous le flipper ou son partenaire s’agite. elle le suce pendant qu’il continue à jouer…
Plus tard, dans une pièce noire nous entendons les soupirs sans ambiguïté d’une femme qui jouit. Après cela ne s’arrête plus, mais toujours dans des petits salons clos devant la porte desquels s’agglutinent les solitaires voyeurs. Quelques spectacles sortent du lot, un emmêlement de corps sur les banquettes du cinéma, deux filles qui s’enlacent sur la banquette voisine de la notre pendant que leurs copains les branlent. Deux autres filles se caressant sur le billard… Il y a toujours des voyeurs, ce qui nous glace un peu."



A en juger au ton de ce texte, nous débutions.

Parmi les bizarreries de l'histoire du Paris Sexy, il y en eut bien d'autres, il y a cette traduction brésilienne.

2012 - Le dernier guide Musardine du Paris Sexy

En 2012 parait la première - et dernière à ce jour - édition illustrée du Paris sexy dont voici l'argumentaire et la préface, inédite à ce jour, puisqu'elle ne figure pas dans l'édition définitive du guide.
La 4ème de couverture proposait des extraits de critiques : "le guide capital, le sésame du Paris amoureux" pour Union; "Il est au sexe ce qu'un guide gastronomique est aux bistrots." pour le Nouvel Observateur.
"Erotique, Gay, Fétichiste et Libertin Le nouveau guide du Paris Sexy est arrivé, plus concentré, plus lisible, plus coloré, plus illustré… Vous y trouverez l’adresse de tous les lieux « chauds » de la capitale, comme depuis notre première édition en 2000. Car décidément, Paris reste l’une des Capitales les plus sexy d’Europe et du monde.
La scène SM y est aussi florissante qu’à Londres, les « love hôtel » commencent à y apparaître comme à Tokyo, les sex-shops sont aussi réjouissants qu’à Barcelone ou New York, les établissements gays sont aussi joyeux qu’à San Francisco et il y a bien plus ici de clubs libertins que dans n’importe quelle autre ville du monde…
A Paris il y a tout, le plus de diversité et de liberté en la matière ! Tous les goûts peuvent y être satisfaits, tous les désirs et tous les genres de sexualité. Voici donc quelques centaines d’adresses de boutiques, de bars, de boîtes de nuit, de hammams ou de soirées « érotiques », ou « sexy », selon les définitions les plus larges de ces deux termes. Vous y trouverez forcément de quoi vous divertir, en particulier si vous souhaitez organiser un week-end ou quelques jours de vacances très hot à Paris. Que vous vouliez découvrir une ambiance simplement « coquine » ou plonger dans l’univers tumultueux des soirées échangistes, que vous soyez hétéro, gay ou tenté par le fétichisme, vous trouverez dans ce guide tout ce qui viendra satisfaire vos goûts. Et allez-y sans crainte, ce sont des entreprises sérieuses – dans leur genre. C’est d’ailleurs notre seul critère de sélection, il ne pourra rien vous y arriver de mal, sinon de courir le risque d’être déçu ou choqué, mais ce n’est pas si grave ! Attention ! Sortez couverts, n’oubliez pas vos préservatifs. Et où les trouver ? Mais en consultant notre rubrique Safe Sexe, car le guide du Paris Sexy a décidément tout prévu… Marc Dannam"


Il y eut une dernière variante, du Paris Sexy, ce Osez... faire l'amour à Paris, signé Marc Dannam. Ce dernier guide se recentrant sur le public hétérosexuel.
Depuis de nombreux sites internet ont pris le relais et le monde libertin a évidemment changé. Un guide cette nature n'aurait sans doute plus la même utilité.
N'empêche, on s'est bien amusé!
Le Guide la Musardine m'a permis de recevoir plusieurs prix, dont le Grand prix du guide érotique, décerné par le festival de la littérature érotique d'Evian-les-Bains, symbolisé par cette spectaculaire statuet

jeudi 7 mai 2020

2000 - 2012 - L'aventure du Paris Sexy

Le Paris Sexy, après une première édition qui fut bien accueillie par la presse et les médias audiovisuel, évolua au fil des ans. La couverture fut d'abord confiée à Hubert de Lartigue, dont je possède encore un grand exemplaire cartonné reproduisant l'image de la Musardine chevauchant la Tour Eiffel. Puis les couvertures du guide furent confiées au dessinateurs Axterdam, l'auteur des dessins intérieurs de la collection Osez... autre référence à la collection, si les premières éditions furent signée Yves le Monier, le nom de Marc Dannam, comme auteur unique apparut dès l'édition de 2006.
Pendant toutes ces années, ma compagne et moi nous avons découvert de multiples univers que nous n'avions pas l'habitude de fréquenter. Nous avons visité les labyrinthe et les coins calins de l'Overside, de Chris et Manu ou de Quai 17, ces hauts lieux de l'échangisme, où nous avons vu un grand nombre de couples faire l'amour. C'était à la mode, au début des années 2000, les "boîtes" n'avaient pas encore été ringardisées par l'émergence des soirées privées. Les lecteurs des premiers romans de Michel Houellebecq étaient assurés qu'une des scènes du livre se passerait dans ce genre de soirées... Seul ou accompagné j'ai visité les saunas libertins, des plus glauques, rue de la Gaité ou rue de Provence, aux plus spectaculaires à Pigalle. J'ai découvert à l'occasion ce que la sexualité gay, dans des décors quasiment identiques avait de plus spontanée et hard. Car le guide mêlait sexualité hétéro, gay et BDSM.
C'est dans cet univers que nous avons fait nos plus belles découvertes, avec les soirées de Poupée Mécanique et Alien Nation, ou les soirées des caves Saint Sabin où j'ai rencontré une nuit le secrétaire de ma revue déguisé en fille à cheveux verts.
Les premières années du guide ont également coincidé avec l'émergence des "love stores" et la création de sex toys élégants. Ils prirent peu à peu la place des sex-shops à l'ancienne dont certains étaient alors glauquissime.
Une autre variante de la couverture, également signée Axterdam. En 2003, le guide eut l'immense honneur d'être distingué par le magazine Menshealth, la cérémonie nous valut d'être récompensé par un candidat de téléréalité, et Anne et moi, de prendre une cuite monumentale tant le champagne coulait à flôt dans cette boîte des Champs-Elysées.

mercredi 6 mai 2020

Guide Musardine du Paris Sexy 2000

L'an 2000 a changé ma vie.
 A la fin de l'année 1999 j'ai rencontré l'éditeur Claude Bard à qui je voulais proposer un livre consacré à la série Chapeau Melon et Bottes de Cuir et son esthétique BDSM. Je voulais aussi lui proposer un livre mettant en valeur ma collection de cartes de visites de prostituées londoniennes.

Claude avait une autre idée... Il m'a confié ce jour-là un gros dossier contenant les éléments d'un guide du Paris libertins, des adresses de sex-shops, de boites échangistes, de saunas... Le monde gay se mêlait au monde hétéro ou SM. Claude voulait que je mette de l'ordre dans tout ça, ce que j'ai fait selon deux principes, ordonner l'info en fonction de la chronologie d'une journée de sexe, du matin au magasins de cuir à la nuit en boite, et surtout j'ai inventé un petit personnage nommé La Musardine qui donnait son avis.









Ce livre m'a donné - nous a donné à ma chérie et moi - un prétexte pour aller roder dans les lieux érotiques de la ville. Nous avons visité les arrières salles des boites échangistes, les saunas mixtes et les sexshops, tandis que j'allais seul dans les backrooms des boites gays. Le guide fut un succès. Frédéric Beigbeder le présenta à la télé lors d'une émission de Thierry Ardisson. A suivre...

dimanche 3 mai 2020

Panique à Paname - 1998


  Rue Watt "Hautement pittoresque et basse de plafond, elle se prête admirablement aux agressions de toutes natures, et plus particulièrement nocturnes. Sur la moitié de sa longueur, à partir de la rue Chevaleret, elle est couverte par les nombreuses voies ferrées de la ligne d'Orléans auxquelles s'ajoutent celles de la gare aux marchandises. C'est sinistre, surtout entre chien et loup, un jour de novembre". Le lieu du crime idéal, à défaut d'être parfait. .

 Les premières lignes de Panique à Paname rappellent un univers perdu, une rue désormais noyée dans le béton du quartier de la TGB, et la mémoire de Léo Malet.

 En 1998 parait ce premier album, qui sera suivi par beaucoup d'autres, consacré aux décors de films et de romans. Le sujet : le polar à Paris. François Besse, le directeur des éditions Parigramme m'avait fait confiance pour faire ce livre qui sera le modèle de bien des livres suivants. Sa publication est à l'origine d'une belle satisfaction et d'une grosse déception. Il a été présenté dans l'émission Un livre un jour d'Olicier Barrot début décembre 1998, plaisir pur, mais également à la fin d'un numéro d'Apostrophe consacré au polar. Des images du contenu du livre ont accompagné le générique de fin de l'émission de Bernard Pivot, mais ni son titre, ni mon nom ne furent cités... J'ai failli mourir de dépit.


Par la suite j'ai eu beaucoup de presse, Libé Politis, le Figaro, Télérama, mais surtout le livre m'a ouvert les portes de la télévision avec une interview pour une émission de Jean-Jacques Bernard sur Ciné Classic. J'ai aussi été invité à des salons du polar, lieu de rencontres bizarres. J'ai présenté un film d'Antoine de Caunes dans un cinéma de Brétigny sur Orges, j'ai surtout passé de longues heures, au salon de Montigny - les - Cormeilles, à bavarder avec le petit juge Lambert de l'affaire Grégory, qui venait d'écrire un roman policier... me demandant qui avait pu confier une affaire aussi compliquée à quelqu'un d'aussi ingénu et gentil.



Le livre était dédié à la mémoire de mon père, Fernand, "qui pécha à la ligne avec San Antonio".

Vers 1960, mes parents fréquentaient des amis de ma Grand-Mère, les Martel, des bourgeois bon teint, dont l’un des cousins ou oncle fut maire d’une ville de Savoie. Bref ! Ces gens là vivaient l’été à Novalaise au bord du lac d’Aiguebelette et avaient Frédéric Dard pour ami ou pour voisin. La légende voudrait que mon père soit allé à la pêche avec le Grand Homme et M.Martel. Quant à moi je me souviens vaguement d’une Jaguar E, objet inouï qui fut à l’origine de ma vocation d’écrivain. J’ai en effet toujours été persuadé depuis qu’écrire des bêtises était la manière la plus noble de gagner sa vie.

Le retour... avec tous mes livres. 1997 - Promenons nous à la Défense

Bonjour, J'étais sur le point de créer un nouveau blog pour faire l'inventaire et le commentaire de ma terrifiante bibliographie. Mais pourquoi faire alors que celui-ci ne demande qu'à se réveiller. Reprenons tout depuis le début...

En 1997,  quelques mois après la mort de mon père, alors que je venais de dépasser la quarantaine, je me suis enfin décidé à franchir le pas et à tenter ma chance auprès d'un éditeur.

Ces deux premier livres, Promenons - nous à la Défense et Paris les pieds dans l'eau s'inspirent dans leur principe d'un article que j'avais publié dans l'édition parisienne de Télérama. J'avais décrit le parc des Buttes-Chaumont à Paris sous la forme d'une sorte de guide touristique qui faisait semblant de croire qu'il s'agissait d'une ville d'eau. Le quartier de la Défense et les berges de la Seine m'ont permis de faire le même exercice. Les deux guides ont été publiés par les éditions Parigramme, pour qui je viens d'écrire à nouveau un album. J'ai eu pas mal de presse pour la Défense, mais surtout Paris les pieds dans l'eau m'a permis de participer à une série d'émissions sur France Culture;
Promenons-nous à la Défense fut publié le 8 novembre 1997. et j'ai tout de suite reçu une leçon d'humilité, car moins d'une semaine plus tard j'en trouvait un exemplaire envoyé en service de presse dans les rayons d'un bouquiniste de la rue du Faubourg-du-Temple. Quand à Paris les pieds dans l'eau, dédicacé à mes amis des plages, il portait au nombre des remerciements la formule, "à mon petit Hugo qui file désormais dans sa chambre dès que papa fait mine de travailler.

mardi 22 juillet 2014

Le fantôme du prêtre prospecteur

On a connu l’église catholique moins prompte à célébrer des événements paranormaux, pourtant voici ce qu’on peut lire sur le site du diocèse d’Evreux concernant l’église du village d’Incarville. « L'église d'Incarville est hantée par l'ancien curé de la paroisse l'abbé Delamare qui repose dans le chœur de l'église. Cet homme était très amoureux de la commune et des environs. Très attaché à Incarville, on raconte qu'il ne peut s'empêcher de venir le soir respirer l'air de son église et que l'on peut entendre son souffle pour peu que l'on se rapproche et que l'on écoute. N'approchez pas trop près, cela pourrait l'effrayer, laissez le se reposer en paix...: » Le fantôme était il est vrai un prêtre particulier, comme le rapporte un historien local : « l’abbé était radiesthésiste à ses heures et eut le pressentiment que le sous-sol d’Incarville recelait du Pétrole. Il demanda l’avis de plusieurs personnes comme l’abbé Bouly qui se rendit dans la commune avec son pendule et confirma, en février 1930, le pressentiment de l’abbé Delamare; il y avait bien du pétrole à Incarville. » Malheureusement on ne trouva de pétrole, mais de l’eau. La source d’eau chaude ainsi révélée fut tour à tour utilisée pour chauffer les lieux de baignade des enfants du village, pour tenter de chauffer les bâtiments municipaux puis par des pisciculteurs… C’est sans doute pour voir ce que sont devenues ses bonnes œuvres que le curé hante les lieux. Eglise Saint-Pierre, route de Louviers, 27400 Incarville