A la fin de 2006, Isabelle Lerein, rencontrée lors de la préparation du guide des aventures de Fantômas, version Hunebelle, me fait une étrange proposition, "décrypter" les Bienveillantes, le terrifiant roman de Jonathan Littel.
Les Bienveillantes ! Le roman de l’année, celui qui conquiert les lecteurs et le jury des grands prix littéraire… Ce roman foisonnant, écrit par un homme ayant brassé plus de documentation que bien des auteurs de thèses ou de livres documentaires avant lui, ouvre des abîmes d'incertitudes. Et nous n'évoquons pas là les mystères de la psychologie des bourreaux, qui sont au cœur de l'œuvre romanesque, mais toutes ces informations données au détour d'une phrase - un nom, une ville, un événement… - qui constituent la toile de fond du roman.
Notre modeste guide a voulu tenter de répondre à quelques unes des questions que chacun d'entre nous s'est posé au fil des pages - « Qu'est devenu ce personnage, où se trouve cette ville, quel est ce livre, que veut dire ce sigle… » - curiosité que le glossaire se trouvant à la fin de l'édition originale du roman ne suffit pas toujours à satisfaire.
Ce guide n'est pas une œuvre d'historien, l'auteur n'en revendique ni le titre, ni les compétences… mais le carnet de bord d'un lecteur qui, comme vous sans doute, a voulu suivre quelques-unes des pistes entrouvertes par Jonathan Littell.
Vous y trouverez beaucoup de dates, de chiffres, de récits d’abominations, la plupart sont déjà présents dans l’œuvre de Littell, éparpillés dans le roman, mais aussi occultés par un personnage qui fait évidemment preuve d’un désintérêt complet pour la réalité des massacres à propos desquels il rédige ses petits rapports.
Ce livre me valut de me plonger à mon tour dans une impressionnante et terrifiante documentation - toujours de seconde main, car je n'ai jamais parlé un seul mot d'allemand. Disons -le encore aujourd'hui, je n'avais aucune raison d'être appelée pour me livrer à cette tâche. en revanche j'en avait peut-être eu une sorte d'intuition quelques mois plus tôt, lors d'un voyage à Berlin dont j'avais rapporté quelques livres qui me servirent en permanence.
J'eu une assez mauvaise critique de la part du Nouvel Obs, qui trouva le livre "paresseux" en revanche je fis une télévision dans une émission de Patrice Carmouze en tête à tête avec l'écrivaine Tatiana de Rosnay qui venait de sortir un best-seller mondial, elle s'appelait Sarah. Les Bienveillantes décryptés furent également éditées en collection de poche chez Pocket.
Mais ces Bienveillantes qui étaient-elles ?
"Les Bienveillantes ne le sont guère. Le titre du roman de Jonathan Littell fait directement allusion à des divinités grecques, personnages associés d’ordinaire à l’histoire d’Oreste et de la famille des Atrides.
Les grecs dénommaient Bienveillantes, par euphémisme, et pour ne pas avoir à prononcer leur véritable nom, certaines des créatures les plus terrifiantes de la mythologie antique, les Erinyes ou Euménides. Ce sont les filles de Gaïa, inséminée par le sperme s'échappant du sexe tranché d'Ouranos. Elles sont au nombre de trois : Mégère, Laecto et Tisphone. Cette dernière donne tout son sens au titre du roman de Jonathan Littell, puisqu'elle est la divinité vengeresse poursuivant les meurtriers. Les Erinyes – qualifiées donc de Bienveillantes – pourchassent les criminels de leur terrible vengeance. Dans la pièce que leur a consacré Eschyle, Les Euménides, troisième et dernière partie de l'Orestie (458 avant JC), nous les voyons traquer Oreste qui vient de tuer sa mère Clytemnestre pour venger son père Agamemnon. Lisons Les Euménides d'Eschyle, dans la traduction de l'édition Herbert Weir Smyth en 1926 - Celle-là même, sans doute, que l’helléniste Max Aue a dû lire au collège. «Nous chassons des demeures ceux qui tuent leurs mères (…) Le sang versé d'une mère demande vengeance, je poursuivrai cet homme comme ferait une chasseresse ! (…) Il est là, blotti quelque part. L'odeur du sang humain me sourit ! (…). Ô dieux ! Le sang d'une mère, une fois versé, est ineffaçable. Il coule et il est absorbé par le sol. Il te faut expier ton crime, il faut que je boive à ton corps vivant la rouge et horrible liqueur ; et, après t'avoir ainsi épuisé, je t'entraînerai sous terre, afin que tu sois châtié du meurtre de ta mère. (…) Quiconque a fait le mal, comme cet homme, et cache des mains sanglantes, nous lui apparaissons, incorruptibles témoins des morts, avec force et puissance, et nous lui faisons payer le sang répandu ! «
Histoires étranges, érotisme et pop culture, tous les livres de Marc Lemonier et de son avatar Marc Dannam...
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jeudi 21 mai 2020
lundi 11 mai 2020
Jean Gabin dans le siècle
En 2005, je fais la connaissance d’un éditeur bicéphale très curieux… City Editions.
Je leur ai envoyé un courrier postal – sans doute – pour leur proposer je ne sais plus quoi. Peut-être un livre sur les Gendarmes de Saint-Tropez. C’était mon truc à l’époque. L’un des deux créateurs de la maison d’édition, Christian English ou Frédéric Thibault m’appelle, visiblement avec une idée derrière la tête. Au bout de quelques minutes de conversation il me dit que son associé et lui – anciens journalistes de Paris Match – possèdent un stock de photos de Gabin qui pourraient faire l’objet d’un livre illustré.
En quelques minutes nait le concept du livre, que résume sa préface.
"Jean Gabin incarne la France, celle du XX° siècle, qui commence avant la guerre de 14-18, dans un pays encore massivement rural, et s’achève à l’aube des années 80, avec l’avènement du monde moderne, de l’informatique et de la globalisation ; une France d’entre deux âges, d’entre deux siècles. Né durant le mandat du petit père Combes, en pleine querelle anti-cléricale, il meurt durant le septennat de Giscard d’Estaing dans un pays en pleine mutation. Il n’incarne pas une « certaine France », cocardière et paysanne, poujadiste et bougonnante, mais bien la France, la France toute entière. Car à chaque âge de sa vie, il a endossé un nouveau personnage, à qui les cinéastes savaient donner une dimension mythique. Jean Gabin a personnifié tous les visages de ce pays : Titi parisien, chanteur de charme, héros de la classe ouvrière, combattant de la France Libre, revenant désabusé, truand, commissaire, juge, président et gentleman-farmer, le revenant, le patron et pour finir un personnage universel, le père… Mais derrière ses personnages, qu’ils s’expriment avec les voix de Jacques Prévert, Henri Jeanson ou de Michel Audiard, quels que soient leurs origines sociales ou leurs rôles dans la société, aussi divers que contradictoires – flic ou voyou, clochard ou grand patron, ouvrier incarnant la mystique du Front Populaire ou grand homme de la V° République - il reste toujours le même : franc, loyal, courageux, inflexible, parfois jusqu’à l’obstination…"
Ce livre sur Jean Gabin va me valoir de faire d’étonnante rencontres. Je vais participer à une émission de Gérard Miller en compagnie de Marie-Josée Nat et Henri Chapier – qui déteste Gabin. Ce jour-là, dans les studios de Roland-Garros, je salue Philippe Tesson.
Plus tard ce sera ma porte d’entrée pour les émissions de Patrice Carmouze sur Paris Cap, je serais également invité par Michel Field sur LCI en compagnie de Kim Wilde…
J’aurais même l’occasion de faire la connaissance du fils de Jean Gabin, lors de la projection d’un documentaire Jean Gabin, une âme française, de René-Jean Bouyer, sur France 5 en décembre 2015.
La consécration fut de passer dans une émission de Patrice Gellinet, ami de Gabin, sur France inter à 13h30, émission rediffusée à plusieurs reprises.
Un détail, j'ai publié une douzaine de livres chez City, mais je n'ai jamais vu ses deux dirigeants, qui vivent dans un château près de Rouen.
En quelques minutes nait le concept du livre, que résume sa préface.
"Jean Gabin incarne la France, celle du XX° siècle, qui commence avant la guerre de 14-18, dans un pays encore massivement rural, et s’achève à l’aube des années 80, avec l’avènement du monde moderne, de l’informatique et de la globalisation ; une France d’entre deux âges, d’entre deux siècles. Né durant le mandat du petit père Combes, en pleine querelle anti-cléricale, il meurt durant le septennat de Giscard d’Estaing dans un pays en pleine mutation. Il n’incarne pas une « certaine France », cocardière et paysanne, poujadiste et bougonnante, mais bien la France, la France toute entière. Car à chaque âge de sa vie, il a endossé un nouveau personnage, à qui les cinéastes savaient donner une dimension mythique. Jean Gabin a personnifié tous les visages de ce pays : Titi parisien, chanteur de charme, héros de la classe ouvrière, combattant de la France Libre, revenant désabusé, truand, commissaire, juge, président et gentleman-farmer, le revenant, le patron et pour finir un personnage universel, le père… Mais derrière ses personnages, qu’ils s’expriment avec les voix de Jacques Prévert, Henri Jeanson ou de Michel Audiard, quels que soient leurs origines sociales ou leurs rôles dans la société, aussi divers que contradictoires – flic ou voyou, clochard ou grand patron, ouvrier incarnant la mystique du Front Populaire ou grand homme de la V° République - il reste toujours le même : franc, loyal, courageux, inflexible, parfois jusqu’à l’obstination…"
Ce livre sur Jean Gabin va me valoir de faire d’étonnante rencontres. Je vais participer à une émission de Gérard Miller en compagnie de Marie-Josée Nat et Henri Chapier – qui déteste Gabin. Ce jour-là, dans les studios de Roland-Garros, je salue Philippe Tesson.
Plus tard ce sera ma porte d’entrée pour les émissions de Patrice Carmouze sur Paris Cap, je serais également invité par Michel Field sur LCI en compagnie de Kim Wilde…
J’aurais même l’occasion de faire la connaissance du fils de Jean Gabin, lors de la projection d’un documentaire Jean Gabin, une âme française, de René-Jean Bouyer, sur France 5 en décembre 2015.
La consécration fut de passer dans une émission de Patrice Gellinet, ami de Gabin, sur France inter à 13h30, émission rediffusée à plusieurs reprises.
Un détail, j'ai publié une douzaine de livres chez City, mais je n'ai jamais vu ses deux dirigeants, qui vivent dans un château près de Rouen.
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René Jean Rouyer
dimanche 9 août 2009
Sur Cap 24 avec un culturiste...

Ecrire des livres vous conduit parfois à vivre des moments émouvants, comme cette rencontre sur le plateau de CAP 24 avec un culturiste... J'étais venu parler du livre "l'Art de la Paresse" chez City.
ACTU and CO (partie 1), mercredi 10 juin
Mercredi 10 juin, Patrice Carmouze recevait, Jacques Nerson du Nouvel Observateur, Martial Cherrier pour l'expo Corps étranger à la galerie du Passage et Marc Lemonier, auteur de Paris, Fais nous peur (Ed. Christine Bonneton) et L’art de la paresse (Ed. City).
Pour voir la video :
Permalie n : http://www.cap24.com/emission.php?id_video=2130
ACTU and CO (partie 1), mercredi 10 juin
Mercredi 10 juin, Patrice Carmouze recevait, Jacques Nerson du Nouvel Observateur, Martial Cherrier pour l'expo Corps étranger à la galerie du Passage et Marc Lemonier, auteur de Paris, Fais nous peur (Ed. Christine Bonneton) et L’art de la paresse (Ed. City).
Pour voir la video :
Permalie n : http://www.cap24.com/emission.php?id_video=2130
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