mercredi 3 juin 2020

La trilogie Christine Bonneton

En 2007, je fais la connaissance d'un personnage particulièrement sympathique et extravagant, l'éditrice Christine Bonneton. Elle dirige une maison d'édition spécialisée dans le domaine du régionalisme depuis son vaste appartement parisien du XVI° arrondissement, tout près des Orphelins apprentis d'Auteuil. Les couloirs, les chambres, le salon, et sans doute la cuisine sont envahis par les stocks. Les maquettistes travaillent sur des fauteuils Louis XVI (ou XV je ne sais plus), les réunions se tiennent à l'heure du thé...  Lors d'une soirée mémorable j'eus l'occasion de découvrir quelques-uns de ses auteurs, vieux messieurs charmants et dames élégantes qui lui donnaient de fort mauvaises habitudes, la plupart d'en eux ne souhaitait pas recevoir de droits d'auteurs.
Elle avait une autre caractéristique rigolote liée à son peu de goût pour la dépense. Plutôt que de payer des correcteurs ou des maquettistes, elle les intéressaient à la vente des livres en les bombardant "co-auteur" moyennant quoi j'ai partagé les droits d'un guide consacré aux endroits "qui font peur" à Paris, avec Claudine Hourcadette, une dame également charmante qui en était tout au plus la correctrice. Quant au dernier sur les Week-end à Paris, il est signé d'une troisième personne que je n'ai jamais rencontrée...
Par la suite Christine Bonneton vendit sa maison d'édition à un éditeur de cartes, domicilié en Auvergne, un personnage sur lequel j'aurais l'occasion de revenir le moment venu.

samedi 30 mai 2020

2008 Top à Philippe Gildas


En 2008, nous publions chez Hors Collections un livre consacré à l'histoire du Top 50 et des dizaines de chanteurs qui furent découverts grâce à l'émission de Canal +. J'ai eu l'occasion le grand plaisir de rencontrer Philippe Gildas qui accepta d'en écrire la préface.


Philippe Gildas, homme de radio et de télévision fut "l'inventeur du Top 50"

 « En 1982, je suis devenu directeur de l'information et des programmes d'Europe 1… Avec mon collaborateur Albert Emsallem, nous avons aussitôt découvert un curieux phénomène : nous étions harcelés par des producteurs de disques qui nous reprochaient de ne pas passer les chansons de leurs poulains à l'antenne, alors que selon eux "ils étaient numéro 1 des ventes". Il y avait autant de numéros 1 que de producteurs… Pierre Lescure, était alors mon conseiller musical. C'est déjà grâce à lui que j'avais compris dès les années 60 que ce qui se passait dans l'univers de la musique - les Beatles, la pop - relevait aussi de l'information et que la séparation entre musique et news n'avait pas de sens. Il m'a expliqué qu'il était quasiment impossible d'obtenir un classement fiable des ventes de disques. La seule façon de savoir qui vendait et combien était alors les comptes de la Sacem – connus avec deux ans de retard… Pierre Lescure m'a suggéré d'imiter ce qui se passait en Angleterre avec Top of the Pops : diffuser à l'antenne d'Europe 1 une émission divulgant un classement fondé sur les ventes réels de disques. Il fallut ensuite un an ½ de préparation pour créer le Top. Nous avons décidé de faire fusionner les informations issues de deux modes de comptages effectués par deux instituts concurrents : IPSOS décomptant les ventes chez les disquaires et Nielsen dans les hypermarchés. Une des premières leçons du Top fut que les disquaires avaient du souci à se faire, la part de marché des hypers augmentant à une vitesse grand V….
La chance a voulu que durant cette préparation Pierre Lescure devienne directeur des programmes de Canal +. Le Top 50 également proposé en clair sur la nouvelle chaîne allait devenir rapidement l'un de ses programmes phares. Ce fut une révolution, un scandale, avant même la première diffusion ! Les maisons de disque affirmèrent que nous truquions les enquêtes, nous menacèrent de procès… Nous n'aurions jamais vu le jour sans le soutien de deux des principales maisons de disques françaises, Polygram et Virgin France, qui on poussé le syndicat à accepter. Mais lors de la publication du premier classement le choc fut surtout brutal pour les producteurs. Songez que jusqu'alors Johnny Stark avait réussi à maintenir la légende de Mireille Matthieu « première des ventes ». Le Top a eu aussitôt un effet que nous n'avions pas prévu : ceux qui arrivaient en tête y étaient confortés et leurs ventes se démultipliaient, en particulier dans les grandes surfaces. Le Top a vite tout influencé : les play-listes des radios, la production de disques clonant ce qui avait déjà fait un succès… Il a eu surtout une influence importante sur la production de clip. Les 45 tours arrivant en tête devaient avoir un clip, personne ne pouvant se permettre de snober le Top. Et puis très vite c'est devenu le contraire, tout le monde espérait être dans le Top et se lançait dans la production de clips pharamineux qui restaient dans les boites faute de vente… Mais surtout le Top a servi de révélateur à de nouveaux talents : Peter et Sloane étaient parmi les premiers, mais les Rita Mitsouko aussi ! Ils étaient jusqu'alors considérés comme des marginaux, la deuxième place de Marcia Baila au Top, démontra qu'ils vendaient énormément. Le Top participa à leur découverte par le grand public, comme à celle de la plupart des chanteurs qui ont fait carrière depuis ». Philippe Gildas

Ce livre m'a permis de faire la connaissance de l'équipe des matinales de Bel RTL et de leur animateur vedette Jean-Michel Zecca. J'ai eu depuis souvent l'occasion de me rendre régulièrement à Bruxelles pour participer à ces émissions de jeux, avec le plaisir de rencontrer techniciens et animateurs d'une radio sans trop de prétention, mais toujours sympathique.

2006 - la rencontre Studio Canal et Hors Collection

Quelques rencontres ont sans doute durablement influé sur le cours de ma vie. Il y a bien sûr l'équipe de la Musardine, il y a aussi Isabelle Lerein, la directrice du pôle pop culture des éditions Hors Collection qui m'a associé à tous ses projets les plus farfelus. et je lui en rend grâce.<
En 2006, en collaboration avec Studio Canal, elle lance une collection intitulée Le livre du tournage + le film dont elle me demande évidemment de rédiger "le livre du tournage". Il s'agit de livrets d'une quarantaine de pages qui me permettent de donner des renseignements sur l'intrigue, l'ambiance et le casting des films présentés. Il y en aura en tout et pour tout huit. Parlons aussi de ceux qui ne furent pas publiés, j'ai ainsi beaucoup travaillé sur l'oeuvre d'Agatha Christie transposée au cinéma, en relisant des dizaines d'Hercule Poirot et  de Miss MArple, mais seul Le crime de l'Orient express fut publié. Nous avons également écrit en personne à monsieur Clint Eastwood, Hollywood, California, pour obtenir les droits de Million dollars baby, mais en vain...
La collection se composa donc de:

Charade de Stanley Donnen
Basic Instinct de Paul Verhoeven
Le Crime de l'Orient Express de Sydney Lumet
La Mort aux trousses d'Alfred Hitchcock
Billy Elliot de Stephen Daldry
Monty Python sacré Graal de Terry Gilliam et Terry Jones
L'Auberge espagnol de Cédric Klapisch
et
Arsenic et vieilles dentelles de Frank Capra

Pour donner une idée du ton de ces livrets voici le début de l'introduction d'Arsenic...

Les Taties flingueuses
"Comme elles sont charmantes ces deux petites vieilles dames !
Leur maison vénérable, installée aux pieds du Pont de Brooklyn, est véritablement la maison du Bon Dieu. La pancarte "chambre à louer"qui en décore la barrière est trompeuse. Ici, les vieux messieurs qui s’y installent ne paient ni le gîte, ni le couvert… ni la boisson, surtout pas la boisson ! Tout est compris, et d’ailleurs ils ne restent jamais bien longtemps. Le comportement des demoiselles Brewster fait l’admiration du voisinage, du révérend Harper qui habite juste en face, de l’autre côté du cimetière, comme des agents de la police new-yorkaise pour qui, la ronde dans le vieux Brooklyn, autour de la maison des deux sœurs, est la plus tranquille de la ville.
Pas pour longtemps, car le jour même de son mariage, Mortimer Brewster, leur neveu, découvre l’inimaginable : ses deux charmantes tantines sont des criminelles. Elles empoisonnent leurs vieux locataires avec un mélange de vin de mûre, d’arsenic, de strychnine, sans oublier une « pincée de cyanure ». Ô elles tuent pour de bonnes raisons – selon leurs critères ! Elles pensant ainsi rendre service à de pauvres gens sans familles, et jamais elles ne pourraient oublier d’organiser un petit office religieux, dans la cave."

Cedric Klapisch tiqua un peu en lisant mon texte, trouvant que j'ironisais un peu trop sur les capacités intellectuelles de l'un des personnages, mais ne demanda aucune correction. La classe;
La diffusion de la collection fut l'occasion d'une projection dans les sous-sol du Hard Rock Café des Champs-Elysées. 

vendredi 22 mai 2020

L'histoire de la collection Osez... racontée par la Voix du X

Le 13 septembre 2016, je donnais l’interview suivante au magazine La Voix du X

La Musardine, vous connaissez ? C’est LA librairie/maison d’édition érotique incontournable qui parle de sexe sous toutes ses formes : romans, essais, bandes dessinées, livres d’histoire ou de photos, hétéro, gay, trans… Des milliers de références pour vous ouvrir au monde de l’érotisme et de la pornographie. La Musardine est entre autres à l’origine d’un succès de librairie national : la collection des guides sexuels Osez.
Les grandes plumes de la coquinerie pour des guides très ludiques La collection Osez décline des conseils simples et décomplexés en matière de sexualité dans des petits guides thématiques comme Osez la bisexualité, Osez le massage tantrique, Osez les aphrodisiaques, Osez le libertinage, Osez le strip-tease… De 128 à 276 pages en moyenne, ces livrets reprennent les grands thèmes de notre sexualité et proposent, par exemple, de répondre à toutes nos questions sur les différentes variantes du libertinage. Pratiques et simples à lire, vous y trouverez une mine d’informations et de conseils ludiques et faciles à mettre en pratique. Le succès passe aussi par la qualité du traitement de tous ces sujets techniques par des plumes elles-mêmes reconnues comme :
– Violetta Carpentier, stripteaseuse
– Marc Dannam,écrivain
– Octavie Delvaux, auteure de Sex in the kitchen,
– Pierre des Essaintes, journaliste spécialisé dans la sexualité,
– Gala Fur, dominatrice et cinéaste,
– Jane Hunt, la chasseuse d’hommes,
– Brigitte Lahaie, actrice, animatrice de radio et écrivaine,
– Axel Léotard, photographe et militant de la cause transsexuelle,
– Etienne Liebig, écrivain et polémiste,
– Maïa Mazaurette, bloggueuse « sexe » et écrivaine,
– Marie Minelli, bloggueuse et journaliste,
– Raphaël Moreno,
– Paul Parant, journaliste au feu mensuel Têtu,
– Erik Rémès, écrivain et journaliste,
– Coralie Trinh Thi, actrice réalisatrice et écrivaine,
– Servane Vergy, experte du sexe,
 – Ovidie, actrice, réalisatrice, bloggueuse et écrivaine…
Des experts de la coquinerie qui nous décortiquent les évolutions, les tendances, les conseils pratiques résultant souvent d’une grande expérience sur le terrain. Quelques dates-clés La société, fondée en 1980, fêtera ses 36 ans en décembre prochain. Sa librairie, ouverte en septembre 1995 pour ses 15 ans, réunit des milliers de lecteurs depuis 21 ans. Sa maison d’édition, lancée l’année suivante, fête ses 20 ans cette année. Les derniers chiffres Pour les 10 ans de sa collection en 2014, le catalogue comportait 65 titres, vendus à 650 000 exemplaires, soit une moyenne de 10 000 exemplaires par titre, avec 10 titres dépassant les 20 000 exemplaires. Un record pour Osez tout savoir sur la fellation (60 000 exemplaires écoulés) suivi du Kama Sutra avec 50 000 ventes, puis de notre bonne vieille sodomie avec plus de 40 000 guides vendus. Autant dire que c’est un véritable plébiscite pour une collection qui s’habille en toute simplicité de petits dessins humoristiques, signés Arthur de Pins et Happy Chikubi pour la couverture et Axterdam pour les dessins intérieurs, qui permettent de lire ce petit recueil dans le métro sans s’afficher comme un gros pervers. Les personnages tout en rondeur, en effet, illustrent les thèmes en reproduisant des positions coquines et scabreuses. Bref, le cadeau idéal pour l’anniversaire de vos amis les plus ouverts.

Marc Dannam, directeur de la collection, nous éclaire un peu plus sur ce succès.
Quel est votre rôle à La Musardine ? 
J’ai osé inventer le concept de cette collection que je dirige depuis douze ans. J’ai également publié un grand nombre de livres en tous genres sous diverses identités [Marc a travaillé notamment avec plus de dix maisons d’éditions différentes, ndlr]. Mon Guide historique du Paris libertin est sorti le 22 octobre dernier. Avec ses nombreuses plumes, on sent un fil rouge, un esprit et un humour dans la pédagogie propre à la collection.
Comment définiriez-vous ce qui rassemble les différents auteurs d’Osez ? 
Notre collection se veut libertaire, libertine et féministe. Et détendue… ni pontifiante ni culpabilisante. Nos livres s’adressent aussi bien aux filles et aux garçons, aux hétéros, aux bis et aux gays… Chacun traite d’un aspect précis de la sexualité, avec un ton à la fois didactique et cool, et considère comme acquis que la sexualité est une affaire privée et que toutes les pratiques sont licites dès lors qu’elles concernent des adultes consentants.
Que conseilleriez-vous à quelqu’un qui souhaiterait écrire pour votre collection ? 
Les sujets commencent à s’épuiser, mais il est toujours possible d’innover. Il suffit d’une idée originale, un sujet que nous n’avons pas encore traité, un nouvel angle pour évoquer la sexualité… Ne pas envoyer de textes en entier, nous préférons travailler à partir de propositions présentées sous forme de synopsis et de plans très structurés. Un numéro-anniversaire pour les 10 ans La collection Osez a fêté ses 10 ans en 2014, en sortant un opus récapitulatif Tout Osez : Sexe, avez-vous tout essayé ? qui vous propose de parcourir les différents thèmes, sur un ou deux chapitres qui répondent à la question « Avez-vous osé… ? ». Kama Sutra, sextoys, masturbation, BDSM, massages, lingerie érotique, sexe tantrique… De quoi vous donner des idées, vous faire réviser quelques bases, ouvrir de nouvelles pistes de réflexion… et, bien sûr, d’expérimentation ! Un succès international Fort de leur succès, nos petits guides qui osent parler de tout sans tabou sont traduits en 7 langues : allemand, américain, espagnol, italien, portugais, roumain et suédois. De quoi décupler le plaisir dans toutes les langues.
Récapitulatif Depuis deux ans, tous les guides sont disponibles en version numérique, les rendant ainsi encore un peu plus accessibles, pour les lire en toute discrétion sur vos tablettes. Même si ces livres sont très peu chers : autour de 8 euros à feuilleter en version papier et 5 euros à faire glisser sur votre écran.
On en trouve souvent quelques-uns dans tous les love-stores, mais attention aux contrefaçons, pour les plus férus, voici la vraie collection.
Osez… 52 scénarios de week-ends érotiques
Osez… 102 scénarios érotiques
Osez… 222 cadeaux sexy à offrir à votre amoureux
Osez… 1001 secrets érotiques
Osez… l’amour après 60 ans
Osez… l’amour au bureau
Osez… l’amour des rondes
Osez… l’amour pendant la grossesse
Osez… les aphrodisiaques
Osez… la bisexualité Osez… le bondage
Osez… booster votre libido
Osez… cahiers de vacances érotiques 1
Osez… changer de sexe
Osez… la chasse à l’homme
Osez… les conseils d’un gay pour faire l’amour à un homme
Osez… les conseils d’un sexologue pour maîtriser votre éjaculation
Osez… les conseils d’une lesbienne pour faire l’amour à une femme
Osez… coucher pour réussir
Osez… le cunnilingus
Osez… découvrir le point G
Osez… devenir une bête de sexe
Osez… devenir une femme multiorgasmique
Osez… la drague et le sexe gay
Osez… dresser votre mari
Osez… l’échangisme
Osez… être une maman sexy
Osez… faire l’amour à 2, 3, 4…
Osez… faire l’amour à Paris
Osez… faire l’amour partout sauf dans un lit
Osez… faire votre coming out
Osez… la fessée
Osez… l’infidélité
Osez… les jeux de domination et de soumission
Osez… les jeux érotiques
Osez… le Kama Sutra
Osez… une leçon de fellation
Osez… le mariage gay et lesbien
Osez… les massages érotiques
Osez… la masturbation féminine
Osez… la masturbation masculine
Osez… les nouveaux jeux érotiques
Osez… une nuit d’amour parfaite
Osez… parler de sexe à vos enfants
Osez… pimenter la sexualité de votre couple
Osez… les plaisirs interdits
Osez… la première fois
Osez… préparer votre corps à l’amour
Osez… le préservatif
Osez… le quick sex
Osez… les rencontres sur Internet
Osez… réussir votre divorce
Osez… réussir votre nuit de noce
Osez… réussir votre vie sexuelle
Osez… les secrets d’une experte du sexe pour devenir l’amant parfait
Osez… les secrets d’une experte du sexe pour que l’amour dure toujours
Osez… les secrets d’une experte du sexe pour rendre un homme fou de plaisir
Osez… le sexe tantrique
Osez… le sexe selon les astres
Osez… les sexfriends
Osez… les sextoys
Osez… la sodomie
Osez… le strip-tease
Osez… tourner votre film X
Osez… tout savoir sur la fellation
Peut-on être romantique en levrette ?

Plus d’infos : Librairie érotique La Musardine 122, rue du Chemin Vert 75011 Paris www.lamusardine.com

Il n'y a pas eu à ce jour de bilan plus complet de ce qu'est la collection Osez... mon bébé.

jeudi 21 mai 2020

Trois belles conneries, mes "petits dicos" chez City Edition

Je ne regrette pas d'voir publié autant de livres... Je n'en regrette aucun. En revanche j'ai commis l'erreur de confier certains d'entre eux à des éditeurs qui n'en n'ont pas fait grand chose, comme ces trois dictionnaires, publiés à partir de 2007. On y trouvait quelques perles que j'aurais aimé voir publiées ailleurs.

Comme ceci:
Comment devenir con… Est-ce que ça s'apprend ? Oui ! affirmait Jean Yanne, auteur de cette remarque insurpassable : "C'est pas possible! Pour être aussi con, t'as appris." Mais comment? Nous conseillons aux apprentis connards de commencer le plus tôt possible. Se faire traiter de "petit con" par ses parents est le gage d'une belle carrière ultérieure de connerie. Qui n'est pas déjà un con à 11 ou 12 ans a peu de chance de le devenir par la suite – à moins d'être tenté par de longues études décérébrantes qui transforme le plus alerte des jeunes étudiants en imbécile pontifiant. Chers parent il est de votre devoir d'aider vos enfants. Aidez les à devenir con en cinq leçons.
2 / Apprenez leur à se comporter comme des cons Le con ne se soucie guère du confort physique, moral et intellectuel de son entourage. Dès la crèche, toujours, le futur con s'entraînera à envahir l'espace vital d'autrui. Encouragez le dans cette voie !


4/ Donnez leur dès le plus jeune âge un bel air con Plus tard ça serait trop tard. Il faut commencer jeune. Un bébé a rarement l'air con, il fa5/ Laissez les jouer au con. Au début c’est un jeu, et puis on se prend au jeu. L'enfance est le moment idéal pour jouer au con, vos conneries passant encore pour des jeux, la plupart d'entre elles pouvant être excusées par votre jeune âge.
Ces livres sont passés complètement inaperçus, sauf peut-être le dictionnaire des injures dont j'ai pu poursuivre la rédaction chez un autre éditeur. J'y reviendrais. De même les textes rassemblés pour mon dico "coquin" ont été la base de certains de mes Osez "culturels" futurs. cela s'appelle se "canibaliser".

Les Bienveillantes décryptées, 2007

A la fin de 2006, Isabelle Lerein, rencontrée lors de la préparation du guide des aventures de Fantômas, version Hunebelle, me fait une étrange proposition, "décrypter" les Bienveillantes, le terrifiant roman de Jonathan Littel.

Les Bienveillantes ! Le roman de l’année, celui qui conquiert les lecteurs et le jury des grands prix littéraire… Ce roman foisonnant, écrit par un homme ayant brassé plus de documentation que bien des auteurs de thèses ou de livres documentaires avant lui, ouvre des abîmes d'incertitudes. Et nous n'évoquons pas là les mystères de la psychologie des bourreaux, qui sont au cœur de l'œuvre romanesque, mais toutes ces informations données au détour d'une phrase - un nom, une ville, un événement… - qui constituent la toile de fond du roman. Notre modeste guide a voulu tenter de répondre à quelques unes des questions que chacun d'entre nous s'est posé au fil des pages - « Qu'est devenu ce personnage, où se trouve cette ville, quel est ce livre, que veut dire ce sigle… » - curiosité que le glossaire se trouvant à la fin de l'édition originale du roman ne suffit pas toujours à satisfaire.

Ce guide n'est pas une œuvre d'historien, l'auteur n'en revendique ni le titre, ni les compétences… mais le carnet de bord d'un lecteur qui, comme vous sans doute, a voulu suivre quelques-unes des pistes entrouvertes par Jonathan Littell. Vous y trouverez beaucoup de dates, de chiffres, de récits d’abominations, la plupart sont déjà présents dans l’œuvre de Littell, éparpillés dans le roman, mais aussi occultés par un personnage qui fait évidemment preuve d’un désintérêt complet pour la réalité des massacres à propos desquels il rédige ses petits rapports. Ce livre me valut de me plonger à mon tour dans une impressionnante et terrifiante documentation - toujours de seconde main, car je n'ai jamais parlé un seul mot d'allemand. Disons -le encore aujourd'hui, je n'avais aucune raison d'être appelée pour me livrer à cette tâche. en revanche j'en avait peut-être eu une sorte d'intuition quelques mois plus tôt, lors d'un voyage à Berlin dont j'avais rapporté quelques livres qui me servirent en permanence.
J'eu une assez mauvaise critique de la part du Nouvel Obs, qui trouva le livre "paresseux" en revanche je fis une télévision dans une émission de Patrice Carmouze en tête à tête avec l'écrivaine Tatiana de Rosnay qui venait de sortir un best-seller mondial, elle s'appelait Sarah. Les Bienveillantes décryptés furent également éditées en collection de poche chez Pocket.

Mais ces Bienveillantes qui étaient-elles ? "Les Bienveillantes ne le sont guère. Le titre du roman de Jonathan Littell fait directement allusion à des divinités grecques, personnages associés d’ordinaire à l’histoire d’Oreste et de la famille des Atrides. Les grecs dénommaient Bienveillantes, par euphémisme, et pour ne pas avoir à prononcer leur véritable nom, certaines des créatures les plus terrifiantes de la mythologie antique, les Erinyes ou Euménides. Ce sont les filles de Gaïa, inséminée par le sperme s'échappant du sexe tranché d'Ouranos. Elles sont au nombre de trois : Mégère, Laecto et Tisphone. Cette dernière donne tout son sens au titre du roman de Jonathan Littell, puisqu'elle est la divinité vengeresse poursuivant les meurtriers. Les Erinyes – qualifiées donc de Bienveillantes – pourchassent les criminels de leur terrible vengeance. Dans la pièce que leur a consacré Eschyle, Les Euménides, troisième et dernière partie de l'Orestie (458 avant JC), nous les voyons traquer Oreste qui vient de tuer sa mère Clytemnestre pour venger son père Agamemnon. Lisons Les Euménides d'Eschyle, dans la traduction de l'édition Herbert Weir Smyth en 1926 - Celle-là même, sans doute, que l’helléniste Max Aue a dû lire au collège. «Nous chassons des demeures ceux qui tuent leurs mères (…) Le sang versé d'une mère demande vengeance, je poursuivrai cet homme comme ferait une chasseresse ! (…) Il est là, blotti quelque part. L'odeur du sang humain me sourit ! (…). Ô dieux ! Le sang d'une mère, une fois versé, est ineffaçable. Il coule et il est absorbé par le sol. Il te faut expier ton crime, il faut que je boive à ton corps vivant la rouge et horrible liqueur ; et, après t'avoir ainsi épuisé, je t'entraînerai sous terre, afin que tu sois châtié du meurtre de ta mère. (…) Quiconque a fait le mal, comme cet homme, et cache des mains sanglantes, nous lui apparaissons, incorruptibles témoins des morts, avec force et puissance, et nous lui faisons payer le sang répandu ! «

mercredi 20 mai 2020

Julien Clerc, Woody Allen et Claude Nougaro

En 2007, les éditions City m'offrent le plaisir d'évoquer l'une des idoles de mon adolescence avec ce livre consacré à Julien Clerc. J'en profitais pour évoquer la première fois que je l'avais entendu en mai 1968.

"Il fut bien étrange ce mois de mai 1968. Vu de province tout semblait confus et lointain, incompréhensible mais gai. Une seule chose pouvait nous distraire de la frustration de ne pas participer réellement aux événements : le transistor diffusait de la musique, et uniquement de la musique la plupart du temps. Et malgré ce silence des journalistes et des animateurs, la radio nous donnait "des nouvelles nouvelles", et nous parlait enfin de "toi et moi". Un jeune homme, à la voix étrange et déjà inimitable, parlait de lui et de nous. " Tiens, vous m’avez appelé Julien ! " s'étonnait-il, avant d'affirmer qu'il "abolirai l'ennui!". Voici le récit forcément édulcoré de sa vie et de sa carrière - de ce qui nous est connu de sa vie, de ce que nous avons suivi, jour après jour de sa carrière. Julien Clerc est l’une des stars de la chanson française, à l’égal de Johnny Hallyday ou Charles Aznavour, mais aussi "juste quelqu'un de bien". Il déclara un jour " Quand j’ai commencé dans la musique, je suis entré dans un rêve dont je ne suis jamais sorti… " Les années ont passé. Par la suite, en 2012 et 2014, les éditions City me permirent de consacrer d'autres livres à des personnages dont j'ai toujours apprécié l'oeuvre ou la personnalité.

Le livre consacré à Woody Allen m'offrit deux occasions d'être confronté à des médias particuliers. Arte me proposa de réaliser une interview audio pour son site internet. La journaliste Annette Gerlach me posa donc des questions qui se retrouvèrent dans les tiroirs de Woody... Sur le site de la chaine une image de la chambre de Woody Allen permettait, lorsqu'on cliquait sur la commode, un miroir ou une penderie d'avoir accès à me réponses sur Woody et New York, Woody et le jazz ou Woody et les femmes.
C'est également à ce sujet, Woody et les femmes, que deux journalistes, charmantes vinrent un jour m'interroger, me faisant parler longuement des personnages féminins des films de Woody Allen, des actrices avec lesquelles il avait tourné, pour finir avec quelques questions pesantes sur sa relation avec sa jeune épouse et son goût pour les Lolita. Quelques semaines plus tard j'ai découvert avec horreur que ces deux filles charmantes travaillaient, sans me l'avoir dit, pour Morandini et une émission consacrée aux "scandales d'Hollywood" et qu'on n'avait conservé que mes réponses concernant ces éventuels scandales. Dont je disais en gros que je ne savais rien...

Un troisième livre, consacré à Claude Nougaro acheva cette belle série. Les éditions City, avec qui j'ai toujours eu des rapports assez distants, me permirent au moins de rendre hommage à quelques amis d'enfance.